Les pellicules

 

Bien loin d'être superflu, le choix d'une pellicule est délicat et primordial. De la pertinence de ce choix dépend le résultat de vos travaux astrophotographiques. En fonction du sujet photographié, et des conditions de prise de vue, il faut déterminer la pellicule qui offre le meilleur compromis entre le contraste, la finesse du grain et le dynamisme.

 

La diversité du choix :

Il existe de nombreux types de pellicules et on trouve forcément son bonheur dans la diversité offerte. On distingue la pellicule à diapositives et la pellicule à tirage classique sur papier. Il faut encore choisir entre le noir & blanc et la couleur. Enfin, et c'est le plus important, les pellicules se distinguent par leur sensibilité, c'est-à-dire à leur pouvoir d'enregistrer plus ou moins vite la lumière qu'elles recoivent lors d'une exposition. Les pellicules lentes possèdent un indice ISO de 25 à 200. Les "rapides" s'étalent de 400 ISO à 3200 ISO.

 

Le grain :

Selon la rapidité du film, le grain du film est plus ou moins important. Le film est en fait constitué par un support de quelques dixièmes de millimètre, recouvert d'une couche sensible (ou de plusieurs pour la couleur). Cette couche est constituée d'une substance chimique réagissant à la lumière. Elle constitue le négatif de l'iumage photographiée. La dimension des éléments sensibles de cette couche est appelé "le grain" du film. Plus le film sera lent, plus le grain sera fin. Ceci est un atout pour les grands tirages sur papier, mais également pour la haute résolution. En revanche, les films lents demandent un temps d'exposition plus grand, ce qui peut être préjudiciable à la qualité des images si les conditions de prise de vue sont mauvaises.

 

Le contraste :

Les films lent offre un meilleur contraste que les films rapides. Elles rendent un meilleur piqué d'image. Par exemple, une photo prise avec un 100 ISO pendant 16mn aura un contraste meilleur qu'une autre prise avec un 800 ISO pendant 2mn, alors que la quantité de lumière reçue est identique (en théorie, cf plus loin). Mais le contraste dépend également de la dilution du révélateur et de sa dureté, du temps de développement, du grade choisi pour le papier. C'est pour cela qu'il vaut mieux choisir un laboratoire qui tirent les photos manuellement pour exiger les paramètres voulus. Une machine n'est pas capable d'adapter les paramètres en fonction des négatifs qu'on lui donne. Son révélateur est le même pour tout le monde et les photos qui sortent de l'ordinaire, comme les photos astro :) , sont donc désavantagées. L'universalité des révélateurs et des papiers n'existe pas.

 

Le défaut de réciprocité :

Défaut bien connu des astrophotographes, il est plus ou moins important selon les pellicules. Il faut savoir que la sensibilité d'un film n'est pas constante au cours du temps. Lorsque vous exposez, la pellicule réagit normalement pendant quelques secondes puis sa sensibilité chute plus ou moins rapidement. C'est un effet de rétroaction chimique. Une pellicule de 400 ISO peut voir sa sensibilité baisser jusqu'à 25 ISO au bout de 20mn. Il faut donc préférer les pellicule à faible défaut de réciprocité pour photographier le ciel profond, qui demande de long temps de pose. Il existe un remède pour limiter et annuler le défaut de réciprocité. Il s'agit d'hypersensibiliser la pellicule dans un bain ou un gaz (le forming-gas par exemple). Cela lui confère certaines propriétés dont notamment une constance dans la sensibilité. Ces pellicules ont alors une durée de vie limitée et il faut les développer très rapidement. Vendues dans le commerce, elles sont bien sûr plus chères. Les temps de pose peuvent alors aller jusqu'à 3 heures.

 

Les marques :

Kodak, Fugi, Agfa... les marques ne sont pas très nombreuses mais chacune offre cependant plusieurs gammes de films, de la qualité "touriste" à la qualité professionnelle en passant par les films d'amateur. Les sensibilités proposées sont également diverses. Par exemple, chez Kodak, il existe une gamme classique Déclic, une autre Gold, Royal Gold et enfin Ektar qui est le top. A l'interieur de ces gammes existent également des sous-espèces... Bref, il y a du choix.
Les marques se distinguent par le type de couches sensibles qu'elles mettent sur le support du film. Les Kodak sont plus réputées pour réagir dans le rouge, les Fugi dans le jaune. Il peut donc être judicieux de jongler avec ses marques pour rendre des détails spécifiques d'astres photographiés.

 

Les plus célèbres :

Il y a des pellicules rémanentes en astrophotographie, des films particulièrement adaptés à certaines prises de vue spectaculaires. Ce sont donc les plus convoités, et ceux que l'on retrouve le plus souvent dans des photos publiées dans des revues d'astronomie. La plus célèbre des pellicules est sûrement le TP2415 dont la finesse du grain est exceptionnel ! Près de 300 traits/mm. Cette pellicule nour & blanc (d'un pouvoir ISO 50 environ) possède pourtant un fort défaut de réciprocité. En version hypersensibilisée, elle fait des miracles en ciel profond. D'une sensibilité sans égale dans le rouge et proche infrarouge, elle est la plus utilisée des photographes de la Lune et des nébuleuses.
En couleur, signalons le FUGI SG 800, qui en version hypersensibilisée, est également très apprécié. Le Gold 400, que j'utilise couramment, est très fiable et a l'avantage de s'adapter à toutes les situations. L'Ektar 1000 de Kodak règne également dans les photographies de nébuleuses telles Orion, qui émettent beaucoup dans le rouge.

 

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